LA COLLINE

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On a trouvé un coin de Paris pittoresque, qui est à peine mentionné dans les guides, bien qu'il soit situé dans " la zone de protection des sites et perspectives des abords du Parc des Buttes Chaumont ".

On l'appelle "la Colline".

Le quartier de la Butte Bergeyre est construit sur une butte artificielle à 90m d'altitude, probablement des remblais de carrières des Buttes Chaumont vers la Révolution. Dans le virage sud-est de la rue Georges Lardennois, il y a une vigne qui donne une vue imprenable sur Paris et le Sacré-Coeur. Ici la vue le 14 juillet 2002.


Au début du 20ème siècle, on trouve là un petit stade ainsi qu'un parc d'attraction appelé "Les Folles Buttes" qui occupe le bout de terrain à l'angle de l'avenue Simon Bolivar et de la rue Manin. Plus précisément, la " Société d'Exploitation d'Attractions Parisiennes " - c'est la raison sociale de ce parc d'attraction - loue un terrain de 6743 m2 à partir de 1912 avec la faculté de l'acquérir à un prix fixé à 450000 F si la vente a lieu entre 1924 et 1927.

En 1913, "Les Folle Buttes" apportent le droit au bail ainsi que le bénéfice de cette promesse de vente à une société en constitution : la Société Générale d'Entreprises Sportives. Par ailleurs, la baronne de Rothschild acquiert un terrain en 1902 pour sa clinique ophtalmologique batie en 1905, et l'accès à l'avenue Mathurin Moreau est ouvert dès 1922.

La suite est mouvementée puisqu'en avril 1926, la Société Générale d'Entreprises Sportives va s'agiter pour exiger la vente au prix fixé en 1912 (sans doute très avantageux pour elle), s'opposant en cela aux propriétaires qui prétendent ne pas avoir eu connaissance des actes de 1913 et réclament les loyers impayés des "Folles Buttes" : 3 loyers en 1914, et les loyers de 1915 à 1919 inclus, au total environ 40000 F. On devine aisément que "Les Folles Buttes" ne faisaient pas le plein de chiffre d'affaire pendant la Grande Guerre.

Les propriétaires, représentés par un de leurs ayant-droit, ne sont pas entendus au jour de leur convocation chez le notaire, et dans la minute où la Société Générale d'Entreprises Sportives achète "de force" le terrain, elle le revend à deux investisseurs dont on découvrent en lisant les actes notariés que ce sont eux qui, en fait, amènent les sous ! Ca devient costaud : les propriétaires vont quand meme faire deux recours en nullité et n'y renonceront que moyennant dédommagements financiers en mai 1926.


Les acquéreurs, qui semblent avoir bien préparé leur affaire, s'arrangent aussitôt pour échanger avec la Ville de Paris un terrain communal - ancienne rue Richer déclassée -enclavé dans le stade Bergeyre : c'est là qu'est construite la maison du 81, rue Georges Lardennois. En parallèle, ils continuent de se porter acquéreurs d'autres terrains mitoyens. Le 20 aout 1926, la préfecture autorise le lotissement de la butte. Derrière ces promoteurs aux bras aussi longs que gros, la légende dit que se cachait Stavisky en personne...

 


Quelques photos de chez nous

 

Si vous aussi, vous avez des infos sur la petite histoire de la Colline, contactez-nous!
Quelques liens, dont le site de l'assoc avec qui je partage mes images de temps en temps

http://parisinconnu.free.fr/ http://www.road75.com/ http://habitants.bergeyre.free.fr/

 

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